Le mois dernier, je me suis rendu chez un ami en Dordogne, pour participer à une activité spéciale à laquelle il m'avait invité à participer : un vol en montgolfière. L'expérience était d'autant plus intéressante qu'elle nous a permis de survoler l'un des plus beaux villages perchés de France : Rocamadour. Cette période de fin d'année chargée ne m'a pas permis de rédiger un billet sur le sujet, mais je rattrape aujourd'hui mon retard. Voici Rocamadour vue du ciel ! Difficile d'imaginer une cité plus charmante. Construite à l'aplomb d'une falaise qui plonge dans les gorges de l'Alzou, aux confins du Périgord noir, la cité religieuse, avec sa basilique et ses chapelles, semble défier les lois de la pesanteur. Sanctuaires et bâtiments civils sont empilés sous la garde de l'ancien palais des Évêques de Tulle et d'une forteresse qui en défendait l'accès par le plateau. Dès le XIIe siècle, on y célébrait les reliques d'un ermite. De Roland le Preux à Louis IX et Aliénor d'Aquitaine, d'illustres personnages ont fait le pèlerinage de Rocamadour, gravissant à genoux les marches du grand escalier qui mène au parvis des églises. Relevé de ses ruines au XIXe siècle, ce fief de la spiritualité bénédictine, dévasté par les guerres de Religion, ne peut à mon avis se comparer qu'au Mont-Saint-Michel pour la force du symbole. Les vols en montgolfière sont terminés pour cette année (ils ont lieu de mars à fin octobre), mais la ville peut encore être découverte d'une autre manière. Le site se découvre en effet aussi la nuit, entièrement illuminé, grâce au petit train qui part en toute saison, à 22 heures, de la porte du Figuier et fait le tour de la cité. Il vaut apparemment mieux éviter d'y aller les mois d'été, où l'on vient, selon les dires de mon ami, en foule pour visiter la chapelle miraculeuse, tapissée d'ex-voto, qui renferme la Vierge noire. Objet d'une dévotion jamais éteinte, cette statuette en bois de noyer trône au-dessus de l'autel. Des lames d'argent qui la recouvraient à l'origine ne subsistent que des lambeaux noircis par la fumée des cierges. C'est ici que tintinnabulait la cloche au son grêle qui annonçait le sauvetage des marins perdus en mer. Prodige vénéré jusqu'en Bretagne et au Québec... Si ni la montgolfière ni le train de nuit ne vous tentent, il est toujours possible de l'arpenter à pied. Des remparts qui couronnent le site, le regard embrasse l'âpre étendue du causse, sa lande de genévriers et ses herbages mauves où vient se refléter la course des nuages. De quoi prendre la mesure d'un lieu unique en France ! Plus d'information sur ce ce baptême en montgolfière en cliquant sur le site de l'organisateur.

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