L'aisance avec laquelle nos élites politiques gaspillent les finances du contribuable pour subventionner des entreprises dépassées me sidère depuis longtemps. D'autant plus longtemps que ce gaspillage dure depuis des décennies, et que des gouvernements des bords ont contribué à engraisser ces industries malades, à en faire des assistanés. Un colloque à Bonn en Allemagne le mois dernier m'a montré une nouvelle fois combien cette position des élites était répréhensible. Force est de constater, en effet, que les tentatives des politiques de choisir eux-mêmes les prochains secteurs phares ont bien trop souvent mené au naufrage : en quoi nos dirigeants seraient-ils mieux préposés pour réaliser ce choix que des milliards de consommateurs ? Les primes aux industries sont, à mes yeux, une forme de vanité de la part de nos élites : elles diagnostiquent elles-mêmes ce à quoi ressemblera le futur sans prendre en compte l'avis du marché. Selon vous, quelle aurait été la probabilité que les autorités remarquent le fondateur d'Apple ou celui de Facebook avant l'heure ? Qui les aurait reconnus comme étant de futurs grands pontes des nouvelles technologies ? Nos élites ne sont, disons-le sans détour, vraiment pas les plus aguerries pour repérer les industries à venir. Mais si tel est le cas, cela ne signifie pas qu'elles soient stériles pour autant. Elles n'ont pas à attendre que le progrès, la technologie, l'innovation, ou même la croissance tombent du ciel : elles sont effectivement parfaites quand il s'agit de combiner les conditions optimales à l'apparition de croissance : l'innovation, la recherche, l'entreprenariat, le libre marché... De manière pratique, ces conditions comportent, parmi mille autres exemples, une protection des brevets efficace, une inébranlable législation (en cas de faillites) et également le gage du libre marché. Notre gouvernement a donc un rôle déterminant à jouer dans la création de la croissance: créer les facteurs environnementaux qui soutiennent le challenge et la nouveauté. C'est se duper soi-même que de concevoir que le gouvernement peut susciter de la richesse en claquant des doigts. Voilà la conclusion à laquelle aboutissait ce colloque. Retrouvez toutes les infos sur ce séminaire en Allemagne en suivant le lien.