compte de l’influence croissante des villes sur l’ensemble de l’espace territorial français, aussi bien en matière d’habitat que d’emploi, l’Insee procède depuis 2010 à un nouveau zonage du territoire en aires urbaines (ZAU). Son objectif est d’apprécier l’influence des villes au-delà de leurs limites physiques, définies par la densité du bâti. Ce découpage se fonde sur l’identification d’unités urbaines (pôles), puis sur la délimitation de leurs aires d’influence (couronnes) en s’appuyant sur les trajets domicile-travail de la population des communes avoisinantes. Les pôles urbains correspondent ainsi à des unités urbaines de plus de 1 500 emplois. Une distinction est établie entre les grands pôles (plus de 10 000 emplois), les moyens pôles (de 5 000 à 10 000 emplois) et les petits pôles (de 1 500 à 5 000 emplois). Les couronnes des pôles, quelle que soit la taille du pôle concerné, sont ensuite délimitées par l’ensemble des communes avoisinantes dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans le pôle ou dans les communes attirées par celui-ci. Les communes attirées par plusieurs pôles (c.-à-d. dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans plusieurs pôles avoisinants, sans atteindre ce seuil avec un seul d’entre eux) sont dites communes multipolarisées. Enfin, les communes restantes sont dites communes isolées hors influence des pôles. Le ZAU n’établit ainsi plus de distinction en tant que telle entre espace urbain (défini auparavant comme toute commune ou ensemble de communes de plus de 2 000 habitants, présentant une zone de bâti continu sans interruption de plus de 200 mètres) et espace rural (défini comme toute commune non urbaine). Ce découpage permet de rendre compte des interactions entre villes et campagnes, en dégageant trois grands ensembles : les grands pôles urbains (en intégralité en zone urbaine, par définition), l’espace périurbain (regroupant couronnes et communes multipolarisées des grandes aires urbaines, en majorité en zone urbaine mais dont une partie est rurale) et les autres aires urbaines et rurales (regroupant moyens et petits pôles urbains, par définition en zone urbaine, mais également leurs couronnes, communes multipolarisées et communes isolées dont la quasi-intégralité est en zone rurale). Ainsi, même rurale, 95 % de la population française vit aujourd’hui sous l’influence des villes et seule 5 % hors influence stricte de celles-ci.