Les acteurs en pointe dans le numérique sont regroupés sous le sigle GAFA, pour Google, Amazon, Facebook et Apple. Tous ont leur siège dans la Silicon Valley, haut lieu étatsunien des industries de pointe utilisant des composants électroniques fabriqués avec du silicium. Ces entreprises entretiennent par ailleurs des liens étroits avec les étoiles montantes du secteur, à l’image de Google qui est actionnaire de Uber depuis 2013. La puissance technologique et financière du GAFA est telle qu’il domine de nombreux domaines économiques, au point d’inquiéter les leaders de l’industrie européenne sentant leurs intérêts menacés. Afin de rester dans la course, la France a ainsi engagé dès 2013 un plan de développement du numérique dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir. Uber est dans tous les esprits, tant l’actualité lui fait écho. Il est le symbole de ces entreprises d’un genre nouveau, qui s’emparent des marchés à la barbe des opérateurs historiques par l’efficacité des services qu’elles proposent : les fameuses plateformes de réservation en ligne. En se glissant entre l’usager et les producteurs du bien ou du service, sans agence physique et avec peu de salariés, ces plateformes permettent aussi bien de connaître les besoins de la clientèle que d’imposer les tarifs aux producteurs, le tout en prélevant une commission pour l’intermédiation effectuée. Deux modèles économiques distincts ont vu le jour. Le premier met en concurrence des professionnels avec des particuliers qui proposent aux usagers d’utiliser des biens dont ils sont propriétaires, moyennant une participation aux frais d’usage ou le coût d’une location. Le monde des taxis a ainsi vu d’un mauvais œil l’apparition de chauffeurs occasionnels travaillant à la course. De leur côté, les professionnels du transport de voyageurs, et notamment la SNCF, sont concurrencés par l’offre de covoiturage proposée par la plateforme BlaBlacar. Les professionnels du tourisme souffrent, eux aussi, de ces nombreux particuliers louant leur logement le temps d’un séjour, via la plateforme Airbnb. Le second modèle repose sur une nouvelle division du travail entre professionnels. L’industrie du disque a ainsi été l’une des premières impactées par l’arrivée de la plateforme iTunes de Apple. De même, les hôteliers ont été bousculés par l’arrivée de Booking.com, qui enregistre les réservations directement à leur place. Demain, des domaines comme celui de la formation pourraient très bien être les prochains concernés. Le développement des MOOC, ces cours accessibles en ligne, pourrait constituer le fonds de commerce de nouveaux intermédiaires de l’éducation qui panacheront les cours de différentes universités pour proposer des cursus complets, adaptés aux besoins du marché du travail et aux profils des étudiants, avec certificat d’assimilation à la clef.