Du show-business à la politique en passant par la mode, le sport ou la restauration, les accusations de harcèlement ou d’agressions sexuelles n’ont jamais été aussi nombreuses, précipitant le départ d’un nombre croissant d’agresseurs présumés. Voici le résumé des principaux secteurs touchés. Dans ce secteur où Harvey Weinstein était tout-puissant, les témoignages ont explosé depuis les premières révélations début octobre. Une cinquantaine de femmes – des actrices connues mais aussi beaucoup d’inconnues – ont décrit le producteur multi-oscarisé, débarqué le 8 octobre, comme un prédateur sexuel maladif, et la liste continue à s’allonger: une actrice norvégienne l’a accusé mercredi de l’avoir violée dans un hôtel de Londres en 2008. D’autres réalisateurs ou producteurs ont depuis été publiquement accusés, comme Roy Price, le patron des studios d’Amazon, qui a démissionné, ou le réalisateur James Toback. La star de la pop islandaise Björk a raconté avoir été harcelée par un « réalisateur danois », sans le nommer. Le bassiste du rockeur gothique Marilyn Manson a été renvoyé mardi soir après avoir été accusé par son ex-petite amie, Jessicka Addams, également une rockeuse, de l’avoir violée dans les années 1990. Elle a dénoncé l’industrie de la musique, affirmant que son label l’avait poussée à ne rien dire de peur que la « machine derrière Manson » ne la détruise, elle et son groupe. En 2016, bien avant l’affaire Weinstein, le président de la chaîne Fox News, Roger Ailes, avait démissionné après de multiples accusations de harcèlement sexuel, suivi par son présentateur vedette Bill O’Reilly en avril 2017. Le New York Times a révélé récemment que Bill O’Reilly avait payé 32 millions de dollars à une employée qui voulait l’attaquer en justice. Depuis l’affaire Weinstein, Leon Wieseltier, philosophe et ex-éditeur du magazine The New Republic, a lui aussi été accusé. Il s’est excusé publiquement mardi, et un projet de magazine qu’il devait lancer a été abandonné. L’éditeur de l’influent magazine d’art Artforum, Knight Landesman, a lui démissionné mercredi, après que neuf femmes eurent porté plainte contre lui au civil pour harcèlement sexuel, selon le New York Times. La mannequin américaine Cameron Russell a appelé la semaine dernière ses collègues à raconter les abus dont elles avaient été victimes sur son compte Instagram, suscitant une avalanche de réponses. Qualifié dimanche de « Weinstein de la mode » par le journal britannique The Sunday Times, le photographe de mode américain Terry Richardson, connu dans le monde entier pour ses photos provocantes, et soupçonné depuis longtemps d’exploiter sexuellement ses mannequins, s’est vu rapidement banni par de grands noms du secteur: d’abord le groupe Condé Nast, propriétaire des magazines Vogue ou Vanity Fair, puis Valentino, Bulgari et Diesel. « Toutes les personnes ayant travaillé avec Terry Richardson » devraient « rendre des comptes », pour comprendre « les raisons pour lesquelles elles ont décidé d’ignorer ses horribles agissements », a réagi le designer new-yorkais Prabal Gurung. Peu de cas connus de harcèlement dans ce monde très masculin, mais le puissant fonds d’investissement Fidelity, l’un des rares à être dirigé par une femme, a reconnu mardi avoir limogé récemment deux importants responsables de gestions d’actifs accusés de harcèlement. Le monde politique, aux Etats-Unis comme en Europe, est connu comme propice aux abus, en témoignent les scandales autour de l’ex-président Bill Clinton. Depuis lundi, une lettre dénonçant la misogynie circule dans l’Etat de l’Illinois. Sans nommer personne, elle pointe plusieurs cas de harcèlement sexuel par des hommes politiques sur leurs employées. En octobre 2016, une vidéo datant de 2005 dans laquelle Donald Trump se targuait de pouvoir harceler et « faire ce qu’il voulait » avec les femmes, avait fait scandale.